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Trump face à ses pairs au G7 d'Evian, après l'accord conclu avec l'Iran
information fournie par AFP 15/06/2026 à 08:45

Logo du sommet du G7 affiché dans la salle de presse internationale du G7, à la veille du début de l'événement, à Publier, près d'Évian, dans l'est de la France, le 14 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

Logo du sommet du G7 affiché dans la salle de presse internationale du G7, à la veille du début de l'événement, à Publier, près d'Évian, dans l'est de la France, le 14 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

Donald Trump, revigoré par l'accord trouvé avec Téhéran, est attendu lundi au sommet des grandes puissances du G7 à Evian, en France, où Emmanuel Macron, entend capitaliser sur ce rebondissement diplomatique pour enclencher la mission internationale franco-britannique destinée à accompagner la réouverture du stratégique détroit d'Ormuz.

"Les moyens sont en place et prêts à être engagés", a souligné le président français sur X, peu après l'annonce de l'accord conclu entre Washington et Téhéran qui doit permettre la réouverture de cette artère vitale du commerce énergétique mondial, actuellement bloquée.

Les pays du G7 (hors Etats-Unis) avaient refusé de prendre part à la guerre au Proche-Orient au printemps mais se sont préparés à intervenir pour la sécurisation d'Ormuz après le conflit.

Le président français Emmanuel Macron le 12 juin 2026 à Paris ( POOL / Emma DA SILVA )

Le président français Emmanuel Macron le 12 juin 2026 à Paris ( POOL / Emma DA SILVA )

Cette réouverture "urgente" doit être "inconditionnelle", a martelé Emmanuel Macron alors que Téhéran envisageait d'instaurer un droit de passage.

En attendant la cérémonie de signature prévue vendredi à Genève selon le Pakistan, les grandes puissances du G7 évoqueront dès lundi les "conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d'Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d'un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran", a indiqué le président français sur Instagram.

Conséquences

Ces questions seront aussi abordées mardi en présence des dirigeants de l'Egypte, des Emirats arabes unis et du Qatar, a-t-il souligné.

Le président américain, réputé pour son faible engouement pour ces grand-messes multilatérales et ses coups d'éclat permanents, doit entrer en scène dès 17H00 (15H00 GMT) pour un entretien avec son homologue français.

Les deux dirigeants auront une nouvelle fois l'occasion de tester la force de leur poignée de main - après celle très appuyée de leur première rencontre en 2017 - et à travers elle leur bonne entente, malmenée depuis les visées de Donald Trump sur le Groenland, sa guerre commerciale et le conflit lancé fin février contre l'Iran.

Ils enchaîneront avec un dîner d'ouverture avec les autres membres (Allemagne, Canada, Italie, Japon, Royaume-Uni).

Des manifestants participent à un rassemblement organisé par la coalition "No-G7", qui regroupe plus de 60 associations, syndicats et groupes de gauche, le 14 juin 2026 à Genève, à la veille de l'ouverture du sommet près d'Evian, dans l'est de la France ( AFP / Fabrice COFFRINI )

Des manifestants participent à un rassemblement organisé par la coalition "No-G7", qui regroupe plus de 60 associations, syndicats et groupes de gauche, le 14 juin 2026 à Genève, à la veille de l'ouverture du sommet près d'Evian, dans l'est de la France ( AFP / Fabrice COFFRINI )

Le tout dans le décor idyllique d'Evian, ville thermale des Alpes, loin des altermondialistes qui ont défilé par milliers dimanche à Genève, donnant lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre.

Emmanuel Macron, qui s'est longtemps affiché comme l'interlocuteur privilégié de Donald Trump côté européen, montre désormais une certaine opposition, tout en continuant à ménager un président imprévisible. Un dîner sera donné en son honneur mercredi au château de Versailles.

"Sommet des crises"

Le président français, hôte pour la seconde fois du G7 après celui de Biarritz en 2019, mise aussi sur son ultime participation à ce club de puissances industrialisées, pour tenter d'engranger un succès diplomatique.

"Ce sera un sommet des crises et un sommet concret dans ses résultats", promet la présidence.

Avec un mot-clé, la "convergence". Entre Donald Trump et les Européens, aux antipodes sur bien des sujets. Et entre les pays du G7 et les pays invités (Brésil, Inde, Kenya, Corée du Sud et Egypte).

Outre des gages au Moyen-Orient, Emmanuel Macron espère décrocher de Donald Trump une posture plus à l'écoute de Kiev, et moins de Vladimir Poutine, pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

Le président américain participera mardi à une session sur l'Ukraine en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, et un aparté n'est pas à exclure après leur échange téléphonique dimanche pour les 80 ans du dirigeant américain.

"Mauvaise idée"

Des manifestants affublés de grosses têtes caricaturant le président français Emmanuel Macron et le président américain Donald Trump, posent lors d'un événement organisé par l'ONG Oxfam, à Publier, près d'Evian, dans l'est de la France, le 14 juin 2026 ( AFP / JEFF PACHOUD )

Des manifestants affublés de grosses têtes caricaturant le président français Emmanuel Macron et le président américain Donald Trump, posent lors d'un événement organisé par l'ONG Oxfam, à Publier, près d'Evian, dans l'est de la France, le 14 juin 2026 ( AFP / JEFF PACHOUD )

Les attentes sont grandes pour ce G7 qui "doit s'imposer comme un format qui fonctionne avant de passer sous présidence américaine en 2027", avertit une source européenne à Bruxelles.

Autre défi: les grands déséquilibres macroéconomiques mondiaux.

Il s'agit de dire aux Américains que les droits de douane, "c'était une mauvaise idée, il faut les enlever progressivement", et à la Chine: "soyez plus réglo avec les aides aux entreprises et relancez votre marché intérieur", au lieu d'exporter massivement, a résumé Emmanuel Macron.

Le sujet est cher à Donald Trump, qui a lancé une offensive protectionniste mondiale n'épargnant pas ses alliés du G7.

La France a invité plusieurs "leaders de la tech mondiale", dont les Américains Sam Altman et Dario Amodei, patrons respectifs d'OpenAI et du fleuron de l'IA Anthropic, pour un déjeuner mercredi axé sur la régulation de l'intelligence artificielle et l'interdiction des réseaux sociaux aux plus jeunes.

Des débats qui s'annoncent tendus avec l'injonction de Washington de suspendre l'accès de "tout ressortissant étranger" à des modèles d'IA, qui frappe de plein fouet Anthropic.

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